Thème : Développement RH
Côté Direction, étaient présents P. Papet, C. Fulgence, A. Chaillon
Cette réunion a débuté par une déclaration de chacun des syndicats SNJ, CGT, FO et SUD. Voici la déclaration des négociateurs SUD :
« Le document « Orientations pour la négociation de l'accord collectif de Radio France*» que vous nous avez fait parvenir n'est que la version écrite du « brouillon » que vous aviez communiqué oralement aux Organisations Syndicales lors de la séance du 21 janvier.
Nous attendions après cette présentation orale un texte plus achevé. Ce que vous nous avez remis reste une ébauche qui ne laisse entrevoir qu’une chose, et celle-là très clairement : l'individualisation des salaires et des carrières à Radio France, notamment pour les PTA. Sur ce plan là d’ailleurs, pour nous, Radio France envisage de créer une situation discriminatoire inacceptable entre les différentes catégories professionnelles dans l'entreprise
Vouloir asseoir la progression du salaire de base sur les mesures individuelles marque une rupture inacceptable avec le système salarial existant. Dans ce système, l'évolution salariale garantie c’est la prise en compte de l'acquisition indiscutable des compétences des salariés. D’ailleurs, la Direction de Radio France ne peut contester que les salariés ont toujours su s'adapter à tous les défis qu’ils soient stratégiques, éditoriaux ou technologiques.
L'ultra individualisation pour la progression des rémunérations que vous voulez mettre en place à Radio France ne peut être source que d'injustice, de stress et de dégradation des conditions de travail dans l'entreprise. Qui pourrait se satisfaire pour seul garde fou de l’engagement de la Direction consistant à introduire un « examen automatique des situations » ?
Concernant le paritarisme, il est inconcevable de ne posséder aucun élément précis sur ce sujet, ce thème est pourtant indissociable de celui des évolutions de carrières.
Quant à votre proposition de définir les métiers de « la façon la plus ouverte possible, pour SUD, il s'agit en fait de permettre à la Direction d'empiler les tâches, les contraintes, la pénibilité.
Le tableau que vous nous dressez à grands traits est donc des plus inquiétant d’autant qu’en ne nous en révélant pas plus, vous maintenez les négociateurs dans le brouillard.
Et, alors même que vous nous réunissez pour parler du développement RH, vous nous informez du lancement de groupes de travail concernant le métier de techniciens… sur une période allant de février à juin. Mais comment cette démarche parallèle peut-elle s'articuler avec la négociation sur les classifications ? A ce jour, vous vous dites dans l’incapacité de nous fournir des éléments sur les classifications alors même que la mise en place de ces groupes métiers révèle une définition des métiers déjà ficelée.
Cerise sur le gâteau, vous nous annoncez que « des plans d'action en découleront » hors du cadre négocié.
Votre méthode consistant à maintenir les organisations syndicales dans le brouillard, à faire preuve d’incohérence, ne permet pas que ces négociations se déroulent dans de bonnes conditions de loyauté. En nous dévoilant votre projet petit bout par petit bout, dites vous bien que nos positions pourront elles aussi évoluer en conséquence. Si vous avez l'ambition d'aboutir à un accord et à un consensus, donnez nous votre projet global pour l’ensemble des personnels de Radio France. »
A la suite de ces déclarations, P. Papet a tenté de rassurer les négociateurs sur les différents points soulevés. Sans succès. Tant que nous ne disposerons pas d’une vision globale du projet de la Direction, l’inquiétude demeurera.
Après quoi, les négociations ont repris sur le point à l’ordre du jour de la réunion : la formation professionnelle. Les élus ont apporté un certain nombre d’amendements et formulé plusieurs demandes d’amélioration du texte proposé par la Direction.
Suite le 25 février prochain sur la formation professionnelle et le contrat de travail.
* ci-dessous document remis par la direction
ORIENTATIONS POUR LA NEGOCIATION DE L’ACCORD COLLECTIF DE RADIO FRANCE
Lors de la réunion du 21 janvier 2010, les organisations syndicales ont demandé certaines précisions sur les orientations définies par la direction concernant la négociation de l’accord de substitution (convention ou accord d’entreprise).
Suite aux réponses qui leur ont été apportées, elles ont souhaité que celles-ci leur soient communiquées par écrit. Elles font donc l’objet du texte ci-dessous qui ne prétend bien sûr pas à l’exhaustivité et qui pourra être complété au fur et à mesure de l’avancement des travaux.
Avantages sociaux
En dehors de quelques aménagements, il n’est pas envisagé de modifier les avantages sociaux (congés conventionnels …), sauf pour y apporter des améliorations ou simplifications de gestion et harmoniser certains dispositifs plus favorables pour certaines catégories de personnel.
Définition des métiers
Pour tenir compte des évolutions notamment liées à la numérisation et au développement du multimédia, il sera proposé de définir les métiers et fonctions de la façon la plus ouverte possible, à partir des activités et missions à réaliser plutôt qu’à partir d’une liste de tâches qui risquerait de devenir rapidement obsolète.
Ce travail de définition des métiers fera appel le plus possible à la participation des professionnels de ces métiers. Les travaux des groupes métiers ou des groupes de réflexion sur le multimédia déjà réalisés viendront naturellement enrichir cette réflexion.
Ces définitions des emplois seront construites en cohérence avec les « critères classants » (voir ci-après) qui permettront d’établir la classification de ces emplois.
Système de classification
Journalistes
Une nouvelle grille de classification est en cours de mise en place à compter du 1er janvier. Hormis quelques aménagements, il n’est pas envisagé de la remettre en cause. En revanche, le contenu des fonctions pourra être discuté et aménagé pour tenir compte de la nécessaire intégration des activités liées au multimédia.
PTA
Le système de classification aura pour objectif de reconnaître les niveaux de qualification correspondant aux différents emplois de Radio France. Il sera fondé sur des critères dits « classants » (au nombre de cinq ou six) tels que la technicité, l’autonomie, le niveau de communication (…) caractérisant l’emploi.
Ces critères permettront d’évaluer les emplois et de les classer les uns par rapport aux autres dans une grille de classification (la classe 1 regroupe x emplois , la classe 2 regroupe y autres emplois, etc…).
Il faut insister sur le fait que les critères classants serviront à classer des emplois et en aucun cas à évaluer les salariés.
La structure des rémunérations découlera de ce nouveau système de classification des emplois. A chaque classe sera associé un niveau de rémunération minimale qui constituera le salaire de qualification de l’emploi.
Les salaires minima de chaque groupe ne pourront être inférieurs aux minima actuels.
Musiciens instrumentistes et du chœur
L’annexe 11 de la convention collective actuelle définit des grilles de carrière et de rémunération applicables aux musiciens instrumentistes et du chœur. Il n’est pas envisagé de remettre en cause ces dispositifs ; ils seront intégrés dans le nouvel accord collectif selon une forme à négocier.
Reconnaissance de l’ancienneté
Deux facteurs concourent à la reconnaissance de l’ancienneté dans l’entreprise : la progression garantie dans les niveaux indiciaires et la progression de la prime d’ancienneté.
Il n’est pas envisagé de supprimer la reconnaissance de l’ancienneté, mais il sera proposé de reconnaître celle-ci de façon unique à travers une prime d’ancienneté révisée.
La progression du salaire de base du (de la) salarié(e) sera assise sur les mesures individuelles reconnaissant la qualité du travail et l’accroissement des compétences et des responsabilités. Un pourcentage minimal de progression de rémunération lié aux mesures individuelles pourra être défini.
De nouveaux modes de régulations seront définis afin de garantir que personne ne puisse durablement être tenu à l’écart des possibilités de promotion ou d’augmentations salariales. Ainsi, un automatisme d’examen des situations individuelles sera mis en place avec une certaine fréquence. Des modes de recours seront associés à cet examen automatique et périodique des situations individuelles.
Paritarisme et dialogue social
La définition du système de régulation ou de recours ne pourra être valablement défini qu’après définition des dispositifs susceptibles de faire l’objet de cette régulation ou de ces recours (mesures salariales, carrières, …). C’est pourquoi, il est prévu d’aborder les questions relatives au dialogue social en fin de négociation.
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