
Peut-on concevoir qu'une population soit massivement soumise au temps partiel subi ? Bien sûr que non ! C'est pourtant ce que vivent les chargé.e.s d'accueil des radios locales. Un constat accablant pour un métier majoritairement féminin qui risque de s'amplifier au regard de la volonté de la direction de généraliser le 80% à l'occasion des nombreux départs en retraite prévisibles.
La modulation, un système d'organisation défavorable aux salariés
Aussi, un obstacle de taille, issu de l'accord ARTT de 1999, entrave toute possibilité de compléter le temps partiel : la modulation du temps de travail. Son principe a été élaboré à partir des contraintes spécifiques des antennes pour les PTA visés, majoritairement techniciens, afin de s'adapter aux fluctuations du volume de production inhérentes à l'activité radio. Tout l'inverse de l'emploi de chargé.e.s d'accueil dont l'activité est stable. Au fil du temps, les dérives se sont accumulées : grande flexibilité préjudiciable à la vie privée, limitation des heures complémentaires, morcellement du temps de travail sans aucune proratisation liée au temps partiel ni à la présence de jours fériés dans la semaine.
Aujourd'hui, on observe des applications de la modulation de manière extrêmement disparate sur le territoire. Dans certaines stations où le dialogue et la concertation prévalent, les plannings sont récurrents, voire quasi-cycliques, et le nombre de jours travaillés est adapté . Dans d'autres, les chargé.e.s d'accueil subissent des plannings changeants sans prévisions fiables et sans régularité. Pire, même à temps partiel, ils/elles travaillent toujours 18 jours à chaque modulation, jours fériés ou pas !
SUD demande que la DRH édite une note explicative à destination des cadres et planificateurs indiquant clairement la nécessité de proratiser le nombre de jours de travail en fonction du temps de travail et de la présence de jours fériés et rappelant que les 18 jours sont un maximum dans une période normale et pour un temps plein. Ces mesures doivent s'appliquer à l'ensemble des PTA soumis à la modulation.
Surtout, il est établi que la modulation n'est pas adaptée à cet emploi, c'est pourquoi SUD demande à la direction d'étudier un autre mode de planification, plus adapté au travail à temps partiel.
Pour les chargé.e.s d'accueil, c'est temps partiel obligatoire
Dès lors, il est impossible de compléter son temps de travail en dehors de l'entreprise, ce qui contrevient à l'esprit du code du travail. La direction partage ce constat, mais, malgré nos demandes, refuse de proposer une augmentation du temps de travail à l'occasion de départ. Pire encore, les postes à temps complet disparaissent petit à petit. Ils sont remplacés par du temps partiel pour tendre vers un modèle à 3 X 0,8 ETP par station. C'est inacceptable sur le plan humain et légalement contestable. Au lieu de résorber le temps partiel subi, la direction le pérennise.
La direction doit faire marche arrière
Comme l'ensemble des organisations syndicales l'a exprimé lors de la négociation de l'accord sur l'égalité professionnelle, SUD Radio France demande que le principe du passage à temps plein s'impose comme une priorité de l'entreprise. Les chargé.e.s d'accueil doivent tou.te.s se voir proposer un temps plein.
Paris, 2 juillet 2026

VIDEO A RADIO FRANCE
IL EST TEMPS DE NEGOCIER
Nous le constatons chaque jour désormais, dans toutes les chaînes de Radio France et dans tous les services mobilisés sur la production : nul doute que la vidéo est vue comme un enjeu majeur par la direction de Radio France. Elle figure d‘ailleurs dans les orientations stratégiques présentées en CSE Central en décembre dernier.
Nous ne contestons pas la nécessité de développer la vidéo, mais si l’entreprise souhaite embarquer massivement les équipes dans cette voie, alors elle doit partager avec elles les constats, les objectifs et les moyens d’y parvenir.
Les salarié•es de Radio France ne pourront pas subir une extension (à toutes les chaînes) et un élargissement du « tous contributeurs » à 360°, car le système a rapidement montré ses limites sur le temps de travail et les risques psycho-sociaux (RPS) depuis 15 ans. Faut-il rappeler le constat documenté par l'expertise menée par le cabinet ISAST à France Bleu en 2021 ?
Nous, organisations syndicales représentatives de Radio France, demandons donc l’ouverture de négociations sur le déploiement de la vidéo dans l’entreprise, en n'excluant aucun des métiers concernés. Il n’est plus possible de se réfugier derrière des « expérimentations », pour faire progresser le sujet de manière sauvage.
Après avoir réaffirmé le volontariat comme mode de développement de la vidéo, cette négociation devra porter sur la définition d’objectifs de production chiffrés à court et moyen terme, sur l’encadrement de la charge de travail, sur la définition du rôle et des missions de chaque métier (pour un travail en autonomie ou en équipe), sur l’établissement d’un véritable plan de formation adapté aux besoins et ouvert à toutes celles et ceux qui le souhaitent, sur les moyens matériels à engager, sur la réaffirmation des droits d’auteurs et enfin, sur la reconnaissance de cette nouvelle compétence par une rémunération adaptée.
Ce n’est pas parce que l’entreprise souhaite développer la vidéo que les salarié•es doivent tout accepter ; ce n’est pas parce que des salarié•es se sont lancé•es dans la vidéo que la direction ne doit pas fixer un cadre. C’est un sujet majeur pour toutes les organisations syndicales de Radio France qui nécessite sans aucun doute une négociation large et loyale avant d'aller plus loin.
Paris, le 24 juin 2026

RADIO FRANCE : NON À LA LIQUIDATION DE NOTRE STANDARD !
Radio France, ce ne sont pas seulement les voix emblématiques de nos antennes. C’est aussi toute une architecture de salarié·es dont certaines voix sont moins visibles, mais tout aussi essentielles. Parmi elles, les standardistes occupent une place centrale. Par leur professionnalisme, leur disponibilité et leur connaissance de l’entreprise, elles constituent un maillon indispensable de la Maison Radio France et des voix familières qui nous accompagnent chaque jour.
Aujourd’hui, la direction annonce froidement la fermeture définitive du service du standard de la DIESE et le licenciement économique collectif des 4 salariées concernées. Pour justifier cette décision, elle invoque une prétendue « sous-activité structurelle », en s’appuyant sur des statistiques faisant état de moins de 20 appels par jour et par opératrice. Mais cette baisse n'a rien de naturel : elle est le résultat direct de choix d’organisation opérés par la direction elle-même. En mettant en place un Serveur Vocal Interactif (SVI) dès 2022, celle-ci a filtré et détourné les appels. Autrement dit, elle a elle-même organisé la diminution de l’activité pour mieux justifier aujourd’hui ces suppressions de poste.
En persistant dans cette voie et en remplaçant l'humain par un simple répondeur automatique Cisco, la direction rompt un lien essentiel entre Radio France et ses auditeur·ices.
Pour nous, les salarié·es en CDI, CDD ou CDDU, la direction nous prive de l’aiguillage réactif et précieux assuré par les standardistes.
Pour les auditeur·ices, c'est la fin de l'accès direct personnalisé à notre service public. Cette décision participe ainsi à la dégradation de la relation avec le public ; la difficulté à contacter est un reproche souvent relevé dans les études sur le service public et avancé par la Défenseure des droits.
Page 1 sur 3

