
... la détermination des organisations syndicales de Radio France a payé !
Le contexte budgétaire était défavorable. La bataille autour de la renégociation de l'accord sur l'égalité professionnelle à Radio France était loin d'être gagnée d'avance. Mais, le résultat est là : nous obtenons de nouveaux droits très concrets, dans de nombreux domaines, et pour de nombreuses catégories de personnels, femmes et hommes, y compris les plus précaires. C'est pourquoi, l'ensemble des OS a signé cet accord. Nous avons tout de même de gros points de vigilance, et déplorons que certains engagements forts pris il y a 4 ans pour résorber les inégalités salariales n'aient pas été reconduits.
Les principales avancées :
- Accès désormais des pigistes, CDD et CDDU au complément maintien de salaire lors d'un congé maternité, mais aussi accès de ces professionnels au bonus de 25 jours pour le congé paternité et d'accueil de l'enfant, ainsi qu'aux primes naissance !
- Engagement de Radio France à remplacer autant que possible les congés paternité ou d'accueil de l'enfant.
- Parcours PMA : nouveau droit à des absences rémunérées, notamment lorsqu'un aller-retour à l'étranger est nécessaire. Mise en place d'un système confidentiel et flexible.
- Pathologies gynécologiques invalidantes : sur certificat médical, des jours de télétravail flexibles seront désormais autorisés, ainsi que 10 jours d’absence rémunérée par an.
- Mise en place et structuration d'un dispositif d'accompagnement pour les salariées victimes de violences conjugales, autour des assistantes sociales de Radio France.
- Fixation d'un nouvel objectif chiffré pour féminiser les directions des radios locales
- Fixation du principe d'une candidature féminine minimum lors des recrutements sur les postes de techniciens et du principe de mixité des recruteurs. Les exceptions devront être justifiées.
Les points de vigilance et reculs :
- En matière de lutte contre le temps partiel subi des chargées d'accueil, Radio France s'engage à produire une étude en septembre et à ouvrir une concertation pour permettre aux chargé-es d’accueil le cumul avec un autre emploi. Nous demandons toujours une négociation. La situation reste inacceptable et dure depuis trop longtemps.
- Concernant la rémunération : la direction supprime l’enveloppe dédiée au rattrapage salarial femme-homme. C’est un vrai recul ! Elle nous dit qu’elle continuera à résorber les disparités, s’il y en a. Nous avons obtenu que la direction publie chaque année les sommes qu’elle verse pour corriger ces situations.
Nous vous encourageons à vous saisir de ces nouveaux droits. Nous serons là pour vous aider à les comprendre et à les faire appliquer. Sur le volet salarial, nous vous conseillons de ne pas hésiter à solliciter la référente employeur sur les questions de discrimination, y compris si votre demande relève d’un motif de transparence salariale. Nous demanderons d’ailleurs à intégrer dans l’accord les éléments de la future loi sur la transparence salariale, dès qu’ils auront été adoptés par le parlement.
La mobilisation des OS a aussi payé concernant la parité des invité-es des tranches infos et des émissions de Radio France. Après des années d’interpellation de la direction, des objectifs ont été fixés, sur des périmètres significatifs, notamment sur les carrefours de grande écoute. Un point sera fait en CSE central chaque 8 mars.
C’est bien l’ensemble des OS et leurs représentant-es au sein de la commission égalité professionnelle qui ont permis ces avancées substantielles...
Continuons de nous battre pour l’égalité. La mobilisation porte ses fruits !
Paris, le 07 septembre 2026

PARL : ENFIN, LA LÉGALITÉ !
Les heures de nuit et heures supplémentaires des animatrices et animateurs des radios locales leur seront payées par Radio France.
Depuis 2024, les élu-es du CSE France Bleu accompagnent aux prud’hommes un certain nombre de PARL (personnel d’antenne des radios locales) concernant le paiement des heures de nuit. La direction faisant la sourde oreille, à l’automne 2025, le CSE France Bleu et les organisations syndicales l'ont mis en demeure au sujet de ces heures de nuit mais aussi des heures supplémentaires, qui n’existaient pas pour les PARL.
Finalement, suite à une négociation de quatre mois, deux avenants à l’accord PARL ont été signés cet été par toutes les organisations syndicales de Radio France. Le premier porte sur le paiement des heures de nuit, le second encadre les heures supplémentaires. Ils entreront en vigueur le 1er septembre 2026 et remplaceront les dispositifs existants (Primes OPE et Blocs Urgences) qui disparaissent.

Peut-on concevoir qu'une population soit massivement soumise au temps partiel subi ? Bien sûr que non ! C'est pourtant ce que vivent les chargé.e.s d'accueil des radios locales. Un constat accablant pour un métier majoritairement féminin qui risque de s'amplifier au regard de la volonté de la direction de généraliser le 80% à l'occasion des nombreux départs en retraite prévisibles.
La modulation, un système d'organisation défavorable aux salariés
Aussi, un obstacle de taille, issu de l'accord ARTT de 1999, entrave toute possibilité de compléter le temps partiel : la modulation du temps de travail. Son principe a été élaboré à partir des contraintes spécifiques des antennes pour les PTA visés, majoritairement techniciens, afin de s'adapter aux fluctuations du volume de production inhérentes à l'activité radio. Tout l'inverse de l'emploi de chargé.e.s d'accueil dont l'activité est stable. Au fil du temps, les dérives se sont accumulées : grande flexibilité préjudiciable à la vie privée, limitation des heures complémentaires, morcellement du temps de travail sans aucune proratisation liée au temps partiel ni à la présence de jours fériés dans la semaine.
Aujourd'hui, on observe des applications de la modulation de manière extrêmement disparate sur le territoire. Dans certaines stations où le dialogue et la concertation prévalent, les plannings sont récurrents, voire quasi-cycliques, et le nombre de jours travaillés est adapté . Dans d'autres, les chargé.e.s d'accueil subissent des plannings changeants sans prévisions fiables et sans régularité. Pire, même à temps partiel, ils/elles travaillent toujours 18 jours à chaque modulation, jours fériés ou pas !
SUD demande que la DRH édite une note explicative à destination des cadres et planificateurs indiquant clairement la nécessité de proratiser le nombre de jours de travail en fonction du temps de travail et de la présence de jours fériés et rappelant que les 18 jours sont un maximum dans une période normale et pour un temps plein. Ces mesures doivent s'appliquer à l'ensemble des PTA soumis à la modulation.
Surtout, il est établi que la modulation n'est pas adaptée à cet emploi, c'est pourquoi SUD demande à la direction d'étudier un autre mode de planification, plus adapté au travail à temps partiel.
Pour les chargé.e.s d'accueil, c'est temps partiel obligatoire
Dès lors, il est impossible de compléter son temps de travail en dehors de l'entreprise, ce qui contrevient à l'esprit du code du travail. La direction partage ce constat, mais, malgré nos demandes, refuse de proposer une augmentation du temps de travail à l'occasion de départ. Pire encore, les postes à temps complet disparaissent petit à petit. Ils sont remplacés par du temps partiel pour tendre vers un modèle à 3 X 0,8 ETP par station. C'est inacceptable sur le plan humain et légalement contestable. Au lieu de résorber le temps partiel subi, la direction le pérennise.
La direction doit faire marche arrière
Comme l'ensemble des organisations syndicales l'a exprimé lors de la négociation de l'accord sur l'égalité professionnelle, SUD Radio France demande que le principe du passage à temps plein s'impose comme une priorité de l'entreprise. Les chargé.e.s d'accueil doivent tou.te.s se voir proposer un temps plein.
Paris, 2 juillet 2026
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