
8 mars : Égalité femmes-hommes et invité·e·s des matinales : Radio France devrait montrer l’exemple !
C'est devenu un sujet récurrent de discussions dans nos chaînes, en conférence de rédaction à l'heure de débriefer la matinale ou en réunion de programmation pour définir les prochain·e·s invité·e·s : pourquoi les femmes sont encore si minoritaires aux heures de grande écoute sur certaines de nos antennes, qu'elles soient locales ou nationales ? Et cela, alors que nous sommes très majoritairement convaincu·e·s de la nécessité de corriger ce déséquilibre. La plupart des programmateurs·trices, des journalistes, des producteur·trices, des animateurs·trices, et même des directions de chaînes semblent avoir conscience du problème. Qu'attendons-nous pour réagir ? Ce qui a été mis en place par Radio France sur certaines tranches horaires « test » doit se décliner sur les rendez-vous d'antenne les plus écoutés.
Car les chiffres sont là. Année après année, les organisations syndicales et sociétés de journalistes comptent. Et le résultat de nos (laborieux mais nécessaires) recensements n'est pas acceptable : les femmes ne représentent en moyenne que 30 % à 35 % des panels d'invité·e·s le matin sur France Inter, France Info, France Culture et ICI. France Culture faisant mieux que les autres, avec un taux de femmes invitées frôlant les 40 % en matinale. Dans l’ensemble le contraste est frappant avec d'autres émissions surveillées par l'Arcom et la direction de Radio France, sur lesquelles des taux de 48 ou 50 % ont été atteints. Dans le réseau ICI, certaines locales comptent encore des semaines entières avec 100 % d’hommes pour les invités de la rédaction comme des programmes !
Nous attendons des réponses de la direction
Ces dernières semaines, des représentant·e·s de l'ensemble des OS ont rencontré à plusieurs reprises la direction de Radio France avec des propositions. Nous demandons la fixation d'objectifs chiffrés à atteindre, avec une attention particulière sur le périmètre des matinales, et un cap clair vers lequel tendre dans un délai raisonnable : 50 % sur chacune des chaines qu’elles soient nationales ou locales (avec, s'il le faut, des paliers intermédiaires permettant d'amorcer la dynamique). Certaines équipes de matinale font un travail sur le sujet pour équilibrer. Pourquoi n'accorde-t-on pas la même importance à cette problématique dans toutes les directions des antennes nationales ou locales ?
Le 8 mars approche. Radio France peut se saisir de ce moment revendicatif pour réaffirmer ses valeurs et créer le cadre permettant de les garantir. Il y a quelques années, une impulsion venue d'en haut avait permis de faire des progrès importants sur la parité à l'antenne. Il faut trouver un nouveau souffle. Ayons le courage de continuer à donner l'impulsion.
Des freins importants existent. En cause : les grandes figures politiques et économiques de notre société encore majoritairement masculines. Mais Radio France peut et doit faire monter de nouvelles voix de femmes... Et avec elles, des pensées originales qui sauront stimuler nos auditeur·ices. Trop souvent, certaines équipes optent, par réflexe, pour des intervenants déjà connus. Renouveler les carnets d'adresses représente un effort, c'est vrai. Mais ce n'est pas non plus insurmontable. Allons-y !
Paris, le 4 mars 2026

CASCI : VICTOIRE EN JUSTICE DES CSE ET ORGANISATIONS SYNDICALES
Vos voyages, villages vacances et colonies sauvés !
La direction de Radio France avait décidé, en juin 2025, de ne plus subventionner le CASCI (Ex CI-ORTF), en ne versant plus leur dotation aux CSE comme les textes l'y obligeaient, ce au nom des restrictions budgétaires. Elle arguait d'un usage et affirmait pouvoir le dénoncer avec effet dès 2026. Une décision brutale et totalement inacceptable que nous avons contestée.
Les CSE et les organisations syndicales ont donc pris la décision d’assigner l’entreprise en justice concernant cette mesure supprimant des acquis sociaux cinquantenaires qui permettaient aux salariés actifs et
retraités ainsi qu'à leurs enfants de partir en vacances.
Le tribunal judiciaire de Paris vient de nous donner raison en ordonnant, le 19 février, à la direction de Radio France de verser aux CSE, comme chaque année, la somme destinée à la gestion des voyages et colonies du CASCI et ce même si Radio France décidait de faire appel du jugement. Cette décision vient confirmer que l'entreprise ne peut pas revenir unilatéralement sur le montant qu'elle verse pour les œuvres sociales ; le seul moyen d'y parvenir serait de négocier avec les organisations syndicales.
Il s’agit d’une belle victoire pour les CSE d’établissement et les organisations syndicales et surtout pour l’ensemble des salariés et leurs familles qui pourront continuer à bénéficier des prestations du CASCI.
Une satisfaction et un soulagement également pour les salariés du CASCI, permanents comme saisonniers.
Paris, le 24 février 2026

NAO 2026 : SUD SIGNE, MAIS...
Explication d’une signature en trompe l’œil.
Petit rappel, la NAO est une obligation légale faite à toutes les entreprises de plus de 50 salariés de négocier avec les organisations syndicales sur la rémunération. La direction aurait-elle enfin mis sur la table une proposition satisfaisante permettant de redonner une once de pouvoir d'achat étiolée par plusieurs années d'inflation galopante ? Aucunement si l'on observe le fossé entre les demandes des OS et la faiblesse de l'accord proposé.
Pour ce qui est des demandes SUD, la principale portait, comme chaque année, sur une augmentation collective en réévaluant la mesure NAO 2026, incluant tous les nouveaux entrants depuis le 1er janvier 2024 (injustement écartés par une interprétation douteuse de la NAO 2023). Parallèlement, nous avions demandé la préservation du nombre de mesures CSC/CPS pour maintenir les augmentations individuelles prévues dans notre accord collectif ainsi que de nombreuses améliorations attendues depuis des années pour certains métiers.
Las, l'accord mis sur la table ne comporte aucune mesure générale. Les réelles incertitudes budgétaires, menaces permanentes planant sur l'avenir de Radio France, bloquent, d'après la direction, ses velléités d'amélioration des rémunérations. Que penser alors de la PPV (prime de partage de la valeur / ex-prime Macron) dégagée en décembre et absolument pas évoquée lors de cette NAO ? Alors même que cette somme aurait pu irriguer nos discussions et apporter enfin une pérennisation de ce réel progrès que constituait le forfait NAO 2023, elle a totalement échappé au champ de la négociation, laissant la direction abonder les salaires de décembre 2025 dans l'urgence.
Dans ce cas, pourquoi diable SUD a signé cet accord ?
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